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Nemours,
une région vinicole où le raisin |
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Nemours, à l'instar des villes voisines se targuait d'avoir des caves vinicoles connues au delà des frontières . Le raisin dont une partie de la production était de table alimentait les étals du souk qui avait lieu plusieurs fois par semaine, mais aussi du marché couvert bordant la rue Gambetta et donnant sur la halle des bouchers. Au moment des vendanges, les camions remplis à ras bord prenaient la direction des caves. Cette odeur de raisin, ces chargements de fruits mûrs attiraient les enfants qui se postaient sur la route de Sidi Amar, aux endroits les plus pentus, et lorsque le camion entamait sa route avec peine, vitesse rétrogradée, les plus audacieux chapardaient quelques grappes, d'autres plus malins encore, préparaient des lignes au bout desquelles pendait un hameçon et les lançaient , de loin, au passage des camions. Ils réussissaient à « pêcher » quelques grappes de raisin blanc et plus souvent noir, pour se régaler ensuite, à l'abri des regards des adultes. C'était une ambiance bon enfant malgré le caractère répréhensible, le geste condamné par les grands, mais cela restait un jeu d'enfants. Quelques reproches des adultes et vite le groupe des chapardeurs désertaient le point du guet-apens. Le camion de Bariolet était bien connu de tous. Il empruntait quotidiennement, plusieurs fois, par jour, la route de Oued El Bir la préférant à celle trop pentue d'El Mizab (Le lavoir public). |
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Monsieur Besse passait pour être un gros producteur de la région. Respecté, aimé, il octroyait généreusement des parcelles situées à proximité du cimetière musulman pour l'intérêt collectif. Sa famille a continué d'habiter longtemps après, Ghazaouet .Il avait donné son nom à la production, si les souvenirs sont bons, « René Besse », ( moi même ne consommant pas le vin, de mémoire visuelle, me semble-t-il, à vérifier par les connaisseurs, c'était ça, d'écrit sur les bouteilles de verre). Le port connaissait en période d'exportation un gros trafic après la vinification. Des milliers d'hectolitres prenaient la route de la métropole, une fois chargés à bord de bateaux. Beaucoup de nemouriens s'activaient aux vendanges, les caves étaient nombreuses dans la région et damaient le pion à celles de Ain Témouchent, une région vinicole, par excellence. Le soleil, brillant à longueur d'année, donnait à la production goûts et couleurs. Ce qui a contribué Nemours à avoir, longtemps , son vin, son raisin qui ont agrémenté des menus et fait la joie et le bonheur de je ne sais combien de palais et de fins gourmets nemouriennes et nemouriens. Khaled Sidhoum |